Aujourd’hui si vous le voulez bien, intéressons-nous aux blogs de mode (ou blogs modasse pour les intimes). Laissez-moi donc chausser mes lunettes.

En 2007, elles étaient encore peu nombreuses à se partager le haut du panier (et facilement reconnaissables pour les marques) : elles postaient leurs tenues, leurs bons plans, dans une ambiance de communauté soudée.

En 2012 pourtant, tout à changé. Les anciens sont devenus de véritables machines de guerre et une quantité incalculable de sites sont nés, souvent dans une copie -maladroite- des vieilles recettes qui marchent. On poste son look, on donne les marques, on parle de ses voyages, de ses cosmétiques.
Une véritable manne financière que les marques et leur service marketing ont su très tôt débusquer.

En réalité, la notion d’influenceur est un vieux concept marketing : c’est une personne qui affirmerait ou infirmerait le message d’une marque.
Les anciennes, bien sûr, possèdent ce pouvoir : Betty, Alix, Géraldine ont acquis une reconnaissance qui semble réelle et sur laquelle les marques (si elles y parviennent) peuvent capitaliser.

Pourtant aujourd’hui, les services marketing s’emballent. A chaque évènement (et notamment en province, j’en témoigne) doit être invité sont lot de blogueuses, quel que soit sont niveau d’influence. Souvent plus fantasmé que réel, tant leur nombre augmente au fil des mois (et alors que l’on en connait pas la moitié).

Il semble que les marques ont surévalué l’intérêt de ce type de plateforme, où la ligne éditoriale est souvent copiée à l’infini.

Vous saisissez maintenant le lien avec la bulle spéculative ? Ah c’était bien trouvé tout de même.

Pour les fâché(e)s de l’économie, une bulle spéculative est la survalorisation de la valeur d’un actif, donc une mauvaise évaluation des bénéfices futurs potentiellement réalisés par l’entreprise. Oui, comme pour Facebook (où les start-up de l’internet du printemps 2000).

From @jberndts on Instagram

La multiplication des blogs risque fort d’enrayer cette machine qui paraissait bien huilée, de tous les côtés. Un prescripteur presque gratuit pour la marque, des cadeaux et des invitations pour la blogueuse, difficile de faire plus sympa comme situation.

Les blogs de mode continueront d’exister, s’ils sont nés d’une volonté de partage de la part de la blogueuse. Mais lorsque les marques arrêteront de parier sans réfléchir sur n’importe quel site, est-ce que la plupart ne disparaîtront pas ?

En février, dans Biba, Kenza affirmait gagner entre 1500 et 2000 € net par mois grâce à son blog.
De quoi faire naître des vocations.

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