Home Lyon Lyon Insolite : j’ai visité la Crypte des brotteaux

Crypte des brotteaux, lyon
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Juste au-dessus du cours Lafayette, rue de Créqui, se tient la Chapelle expiatoire « La Croix Glorieuse ».
D’extérieur, une église d’aspect plutôt baroque, entourée d’un jardin. Mais à l’intérieur : une toute autre Histoire.
Et ce n’est pas par erreur que je vous mets une majuscule : c’est là que nous attend la Crypte des Brotteaux.

Un peu d’histoire : les contre-révolutionnaires de la Crypte des Brotteaux de Lyon

Chapelle brotteaux crypte brotteaux

Vue extérieure de la chapelle des Brotteaux, crypte des brotteaux, BM Lyon

En 1793, la France est sous le régime de la Terreur et les soulèvements de population sont nombreux. A Lyon, le peuple se révolte notamment contre l’atteinte à son droit de croyance et de culte et place à la tête de sa troupe contre-révolutionnaire le commandant général M. de Précy.

Mais la Convention (l’assemblée constituante à la tête du gouvernement) envoie, depuis Paris, des ordres stricts : l’Armée des Alpes est chargée de marcher sur Lyon et de faire taire les contre-révolutionnaires.

En octobre, cette armée de volontaires lyonnais en est finalement vaincue. La Convention réclame vengeance : les lyonnais, qui avaient participé de près ou de loin à ce soulèvement sont envoyés en prison et jugés.

Les massacres commencent : les Terreaux, Bellecour mais surtout la plaine des Brotteaux (à l’époque un marécage) servent de lieux d’exécution, entre guillotine, canons et fusillades. Les chiffres parlent de 2000 personnes tuées entre octobre 1793 et avril 1794.

Dès 1795, des lyonnais construisent un premier cénotaphe, au milieu de la plaine des Brotteaux, pour rendre hommage à ces lyonnais exécutés. Mais il faudra attendre 1819 pour qu’un véritable monument soit construit, une chapelle expiatoire pyramidale, où seront entreposés les ossements des victimes, dispersés çà et là dans une dizaine de fosses communes.

Crypte des Brotteaux Lyon

La crypte des Brotteaux Lyon (tous droits réservés justeunedose.fr)

La crypte des Brotteaux aujourd’hui : je reprendrais un peu de crânes s’il vous plait

Aujourd’hui, le lieu est bien différent. Depuis le début du 20ème siècle s’élève une église qui renferme cet ossuaire bien particulier. J’ai eu l’occasion de visiter cette crypte en novembre, d’abord par une envie d’histoire mais aussi pour ma soif du morbide. Ne nous en cachons : un nécrophile apprécierait probablement beaucoup cette petite balade.

Parce qu’elle est dérangeante et parce qu’elle nous raconte quelque chose d’à la fois affreusement loin et tellement près.

J’avais d’abord imaginé – probablement parce que l’histoire a été récupérée par le bloc identitaire lyonnais– que cette crypte contenait un grand nombre de royalistes un peu trop zélés.  Comme l’on s’en doute, ce n’est pas aussi simple, même si la récupération de ce lieu de culte est bel et bien réelle (malheureusement).
Le respect est de rigueur. Le tas d’os nous regarde et sincèrement, on ne fait pas trop le malin. On y reste 5, 10 minutes en silence, sans trop savoir quoi penser.

La liste des victimes nous attend dans l’église. Du chapelier  au négociant en passant par une institutrice ou des ouvriers de la soie, les restes (et ce n’est pas métaphorique) sont là et nous racontent une histoire de Lyon que l’on ne connaissait pas forcément.

A mettre absolument dans votre guide Lyon secret des visites insolites.
Un massacre lyonnais, ce n’est tout de même pas commun.

Pour visiter, vous devez impérativement prendre rendez-vous.
Moment très marrant où vous pouvez dire « ma sœur » au téléphone (moi j’ai pouffé en tout cas). Vous devez ensuite sonner au niveau du foyer (rue louis blanc).

Vous y rendre :
Chapelle expiatoire de la Croix Glorieuse
Crypte des Brotteaux
145 rue de Créqui, 6ème arrondissement de Lyon
04 78 24 30 82

Plus d’infos : consultez le livre « Le monument religieux des Brotteaux. Historique de la commission. Liste des victimes du siège de Lyon » reproduisant le rapport de 1925, Editions Lyonnaises d’Art et d’Histoire.

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4 commentaires pour cet article
  1. Lyon était favorable à la Révolution. Les lyonnais qui se sont révoltés contre la Convention n’étaient pas « contre révolutionnaires ». Ils étaient contre les Jacobins lesquels avaient pris le pourvoir à la Convention et mis en place la Terreur. Un des aspects de la Terreur a été la répression contre plusieurs villes de provinces, plus modérées et favorables à la décentralisation.

    • Merci pour ces spécifications et ta rigueur historique. Mais j’aime bien commencer mes messages par bonjour. On n’est pas des animaux quand même !
      Bonjour Aude 🙂

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