C’est le genre de chose qui est vraiment plus fort que tout. Parfois même tu te demandes si la bipolarité ne te guettes pas. T’es là, tranquille et puis ta respiration s’accélère. Tu ne sais pas pourquoi. Ton cerveau commence à courir tout seul et tu penses à tout ce que tu as à faire, tout ce que tu n’as pas fait tout ce que tu voudrais faire.

Un peu comme si tu courais après ta propre vie. Sur une route sans stop et sans feu rouge. Et ta vie est dans le bus et toi tu es à pied.

Je ne sais pas s’il s’agit du mal du siècle, car définitivement on en meurt pas. Enfin, du moins, pas tout de suite. Mais c’est le genre de chose qui peut te rendre la vie infernale. Car outre ces sentiments physiques désagréables et cette sensation de course, tu te sens coupable. Parce que tu ne sais rien gérer comme il le faudrait et que les autres semblent 1 million de fois plus productifs. Tu te sens médiocre. Et tu voudrais tout laisser voguer, comme si lacher prise allait arranger les choses.

Pour te calmer, tu mets en place des petits trucs, ambiance autiste : des listes, des carnets, la respiration du ventre, les médicaments, l’homéopathie, le yoga, la théorie du relativisme, la respiration encore. Et une remise en question permanente, maladive, qui ne fait qu’empirer ce sentiment.

Alors certes, tu n’es pas seul. En discutant tu te rends compte que les gens autour de toi développent des symptômes physiques qui semblent directement liés au stress : mal de ventre, difficulté de sommeil ou mal de dos chronique. Mais être nombreux ne change rien. Surtout quand on est effrayé à l’idée qu’un jour ou l’autre, cette crise d’anxiété reviendra.

Alors tu travailles sur toi. Tu te dis que non, les autres n’ont pas plus de temps de vie que toi et que eux, ils gèrent. Tu te dis que tu as la santé, un gentil foyer, une famille aimante et pas de gros nuages noirs  à l’horizon. Tu te convaincs. Tu es normal.

[Le magazine Mammouth, édité par le centre d’étude sur le stress humain, te parle du lien entre la génétique et le stress.]

NB : Je pense donc me réorienter vers l’industrie pharmaceutique, ou bien créer une nouvelle secte. Et me faire beaucoup d’argent, par la même occasion.

Via http://www.samuelbradleyphotography.com